« Une fois que nous avons les 2 mains dans la haine…il n’y a plus de limites »
- So Yun
- 8 févr. 2019
- 1 min de lecture

De T. Gilbert. Ed. Dargaud, 2018.

Nouvelle Angleterre (Massachusetts), 17e siècle à Salem Village.
Abigail nous raconte comment ce village puritain bascule dans l’enfer de la bêtise humaine, de l’intolérance et du fanatisme religieux dans toute sa splendeur.
Comme elle, d’autres filles ou femmes sont victimes, accusées à tort de sorcellerie et d’être possédées par le démon.
Dans cette communauté très pieuse, le démon est partout : femmes, indien, chien, porcelet.
Le révérend (représentation du diable en personne) manipule les habitants de Salem et orchestre tout. S’en suit un enchaînement de violence et de haine insoutenable…
Récit effroyable et tragique du procès des sorcières de Salem en 1692, la condition de la femme est sans surprise : terrifiante.
L’évolution graphique - voire même la « tension » graphique - tout d’abord très éclairée, lumineuse et paisible glisse peu à peu vers une illustration sombre, oppressante et morbide (visages spectraux, déformés, trous dans les orbites…tel « Le Cri » de Munch). Elle reflète parfaitement cette plongée dans la haine et l’horreur de la folie.
On en ressort révolté et vidé.