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Pour la p'tite histoire...du moustique !

  • Julie
  • 21 nov. 2018
  • 3 min de lecture

D'Emil Ferris. Ed. Monsieur Toussaint L'ouverture, 2018.

Piquée par un moustique en 2001, elle développe ensuite une maladie rare et grave. Les médecins sont très pessimistes et lui prédisent une future paralysie des jambes et des mains. Elle ne pourra plus tenir un stylo. Mais Emil Ferris possède une volonté farouche. Après 6 ans d'effort, qui tient du sacerdoce , l'auteur américaine parvient à écrire et surtout à dessiner à nouveau. Ce roman graphique est le résultat de ce travail acharné. Elle essuie tout de même 48 refus d'éditeur. Le 49ème a eu le nez creux ; cette BD est devenue très rapidement un best seller.

L'objet en lui-même

Nous pénétrons dans le journal intime d'une enfant ; les lignes encrées d'un cahier sont reproduites.

L'auteur possède le souci du détail elle va même jusqu'à reproduire le coté des pages. Elle dessine même les trombones pour plus de réalisme. De nombreuses pages sont des superpositions d'images, cela crée un effet étouffant, il y a aussi des notes dans les marges écrites dans le sens horizontal. L'auteure américaine a souhaité reproduire le plus fidèlement possible son journal intime,

et nous montrer le fourmillement des idées. Les portraits sont d'une minutie incroyable et sont quasi photographiques. Elle alterne le noir et blanc et la couleur. C'est une véritable BD patchwork qu'il faut apprivoiser.

En soi, ce roman graphique est un pavé difficile à digérer, il faut, je pense le picorer pour l'apprécier à sa juste valeur car cette œuvre est d'une grande densité , ouvrez le et vous vous en rendrez compte immédiatement.

Et l'histoire dans tout ça...

Bienvenue dans l'univers tourmenté et angoissé de Karen Reyes. Elle vit à Chicago dans les années 60, dans un quartier qui accueille tous les parias, les marginaux, les sans grades et les syndicalistes. Elle vit avec sa mère, et son frère Deeze dans un appartement qui se situe au sous sol. Suite au meurtre de la voisine du dessus , elle décide de mener l'enquête après avoir enfilé un trench trop grand pour elle.

Elle nous décrit un monde peuplé de chauve souris, de dragons, de tatouages, de monstres, de loup garous, de cancrelat : un monde de peur et de tourmente à la Kafka. Karen se voit comme un monstre. Elle est d'ailleurs dessinée avec des crocs de loup-garou et la forme « ronde » de son « visage » ressemble furieusement aux monstres de Maurice Sendak. Cet univers foisonnant, très particulier peut aussi nous rappeler Tim Burton à ses débuts.

Au départ, ce roman graphique paraît déconcertant tant le dessin et la narration ne suivent aucune hiérarchie. L’auteure s'est affranchie de toutes les règles, de tous les codes habituels.Elle a pris toutes les libertés possibles.

Il faut avoir les neurones disponibles pour entrer (ne serait ce que par la petite porte) dans cette œuvre exigeante.

Cette bd se mérite, comme tous les chefs d’œuvre, elle ne se donne pas comme ça au public. Il faut donc savoir s'acharner un petit peu pour voir l'étendue du talent de Emil Feris.

Mais le jeu en vaut la chandelle, univers foisonnant et riches, un peu effrayant et incroyablement novateur. L’auteur nous livre sans aucune retenue tout son univers. Il n'y aucune barrière, aucun filtre et cela paraît déconcertant au premier abord car elle nous livre son histoire à hauteur d'enfant. Un monde où les monstres existent et où lors d'une visite au musée, elle peut entrer physiquement dans un tableau. Bouleversant de franchise et d'imagination.

Reste à savoir si l'auteur parviendra à se renouveler après ce roman graphique hors normes mais ça c'est une autre histoire.


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