Dense mémoire, amour et désordre
- Chloé
- 10 déc. 2017
- 1 min de lecture


De Marcos Prior et Danide. Ed. ça et là, 2017.
Labyrinthe narratif un peu déconcertant, cette BD atypique montre l’ambivalence d’une vie coupée en deux, d’un côté le quotidien d’un détective en quête d’amour et sous le charme de Claudia, de l’autre son esprit occupé par une pathologie pour le moins envahissante, l’hyperthymésie (forme rare d’hypermnésie).
Se souvenant de tous les évènements qui ont ponctué sa vie, sans jamais oublier aucun détail (jusqu’à la sauce qui accompagnait sa viande il y a quinze ans), Maximo accumule les souvenirs les plus insignifiants, chaque moment est scanné par sa machine à souvenirs qui engrange les moindres détails de l’instant, retenant tour à tour l’heure, le lieu, l’infime objet ou détail dans chaque situation. Pour transcrire cela, la narration est ponctuée de délires curieux sur sa collecte constante d’informations, parfois sans aucun lien avec l’histoire en cours (genre le cours de la bourse).
"Les choses que tu possèdes finissent par te posséder " lui dit un jour Claudia, citant Brad Pitt dans Fight Club. Pour épater Claudia, Maximo va organiser un Potlatch - une cérémonie pratiquée par les Indiens d'Amérique du Nord, pendant laquelle une personne distribue tous ses biens à son entourage.
Pathologie étrange voir fascinante dans une vie banale, récit déstructuré et complexe pour un style de dessin simple voir basique : Le hors norme côtoie le commun, dans une narration désorganisée, au point d’y perdre le lecteur qui doit remettre les choses dans le bon ordre. En somme c’est le bordel dans la tête du narrateur comme dans la nôtre. La fin est un peu bâclée mais c’est une BD sympa quand même.