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Les chroniques de Fred

  • papierbulles
  • 1 déc. 2015
  • 4 min de lecture

San Francisco - Août 1983

Neuf personnes sont abattues en neuf secondes dans une rue importante de la ville.

Sur la terrasse d'un immeuble la dominant, la police retrouve neuf douilles d'un calibre peu courant, fabriqué en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Leur disposition représente un symbole.

L'inspecteur «Wonderball» Spadaccini (ainsi surnommé par les flics de Frisco en raison de son addiction aux friandises chocolatées) est chargé de l'enquête.

Les prémices de l'investigation en cours lui rappellent une théorie sur l'assassinat de JFK.

Wonderball était en effet présent à Dallas, le 22 novembre 1963, un peu avant 13h...

L'histoire fait la bascule entre le San Francisco de 83 & celui des 60'S / 70'S.

Évidemment, c'est une ambiance que nous connaissons bien. Les ruelles sont sordides, les flics rompus aux codes barbares de la rue, les junkies bien cramés.

Les courses-poursuites, dans les artères légendaires de la ville, sont celles que nous avons vues au cinéma.

Si ce n'est pas particulièrement «innovant», cela n'en demeure pas moins un bon premier tome.

Ensuite, Colin Wilson n'a pas grand-chose à prouver graphiquement & la mise en couleurs donne le bon volume à son dessin.

WONDERBALL-tome 1 : Le Chasseur

Fred DUVAL/Jean-Pierre PECAU & Colin WILSON. Ed. DELCOURT

Vers la fin de la seconde guerre mondiale, en Ukraine, une vieille paysanne trouve & recueille un jeune enfant à moitié mort de froid dans un champ de pommes-de-terre.

Ce dernier est affublé d'un bec-de-lièvre.

Si elle est la gentillesse incarnée, son mari & ses enfants en revanche se montrent particulièrement cruels envers Youri. À force de maltraitance, celui-ci s'enfuit au cours d'une querelle des plus violentes.

Pour leur échapper définitivement, il saute à l'arrière du dernier camion d'un convoi militaire passant par là.

Placé dans un orphelinat, Youri se heurte de nouveau à la cruauté & la violence de ses compagnons d'infortune. Sa difformité lui vaut le surnom de « Bouche du Diable ».

Dans les années 70, un colonel recruteur du KGB le sélectionne afin d'être formé à l'art de l'espionnage en vue de l'infiltrer aux États-Unis…

Une histoire violente & triste, comme sait si bien les développer Charyn & parfaitement les illustrer Boucq. Nombre de scènes se déroulent à des hauteurs vertigineuses lors de l'édification de gratte-ciel. Les cadrages & perspectives donnent le tournis.

Époustouflant !

De Jérome Charynn & François Boucq, ed Le Lombard.

Billy Wild est dans un saloon. Il cherche Linus.

Dehors, des voix belliqueuses l'interpellent. Billy Wild saisit sa fiole, se rince la dalle & sort. L'affaire est réglée rápidamente.

Billy Wild est invincible. Comment est-ce possible?? & d'où vient-il??

Dans sa chambre d'hôtel, tandis qu'il traite à sa façon les blessures récoltées lors du duel, B.W. se remémore sa toute première rencontre avec Linus...

Qu'on se le dise & qu'on fasse circuler : Guillaume Griffon est un (très) grand dessinateur !

OK, son graphisme est tout à fait particulier. Étrange, ces disproportions entre les têtes & les corps de ses personnages, n'est - il pas?? Mais la vache, ce que c'est fort !

Griffon a tout capté de l'art du contraste : sa maîtrise du noir & blanc est remarquable. Son trait est puissant, son architecture démentielle, ses prises de vues & sa mise en page limite hallucinées.

Un western sombre, féroce, résolument gore, traitant de surnaturel & de satanisme. La fureur & la frustration d'Hans Gut se libèrent à mesure qu'il devient Billy Wild.

Un scénario aussi ténébreux que les illustrations, & vice versa.

CEKA & GRIFFON. Ed. AKILEOS. (Intégrale 2009)

La vie & l'oeuvre de l'incontestable maître du clair-obscur mis en images & en couleurs par l'un des plus grands noms de la BD contemporaine.

Michelangelo Merisi da Caravaggio (1571-1610) arrive aux portes de Rome. Il est alors âgé de 21 ans. Il est très vite remarqué pour la façon particulière dont il sculpte la toile, accentuant les contrastes ombre / lumière, poussant cette technique jusqu'au Ténébrisme. Dans sa quête quasi obsessionnelle de la lumière, le peintre aime à travailler dans la pénombre.

Rebelle, colérique, insoumis, bagarreur,... Le Caravage fait de multiples allers-retours entre les ateliers de peinture & la prison de Tor Di Nona, via les tavernes qu'il fréquente avec ses proches.

Des collectionneurs de très haut rang lui passent de prestigieuses commandes au début des années 1600. Il réalise entre autres des toiles pour l'église de Saint-Louis-des-Français de Séville, en Andalousie.

Mais il est contraint de quitter précipitamment Rome après avoir, au cours d'un duel à l'épée, mortellement blessé son adversaire…

Si Milo Manara est, d'évidence, LA référence en bande dessinée érotique, il serait néanmoins réducteur de ne le reconnaître qu'ainsi. Manara est un grand dessinateur, qui dessine très bien les filles toutes nutes, mais pas que !

Son travail a pris un virage plutôt baroque ces dernières années, avec les quatre volumes consacrés aux Borgia, chez le même éditeur. Il prend une dimension plus accentuée encore dans cette voie en illustrant la vie mouvementée de cet artiste impétueux. Il y a sur cet album un gros travail de mise en couleur qui rend directement hommage au talent du Caravage.

Très esthétique, même si la mise en page demeure radicalement classique…

De Milo Manara, ed. Glénat, 2015.


 
 
 
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