Un découpage visuel et narratif intelligent...
- papierbulles
- 25 nov. 2015
- 2 min de lecture

Milieu des années 80. Pleine nuit. Pleine ville. Une moto. Deux hommes.
Le conducteur pile devant un poste de police. Le passager balance deux cocktails Molotov sur la façade. Première à fond. Pfuittt ! Plus personne.
Deux jours plus tard. Banlieue parisienne. Un pavillon plus ou moins en ruine.
Yann & Serge épluchent la presse. Aucun article, quelle que soit l'édition, n'en fait mention.
Les journaux ont pourtant tous été prévenus. Sandrine a posté leur revendication de l'attentat. Elle n'a oublié personne.
Ils comprennent que leur mode de fonctionnement n'a aucune portée. Ils considèrent que continuer ainsi n'a aucun sens. Ils réalisent que le choix est simple : laisser tomber ou se radicaliser.
Ils deviennent clandestins. Plus le moindre contact avec leurs proches, familles & amis. Plus d'émissions de chèques. Pas de traçabilité. Uniquement du liquide.
Pour s'en procurer , ils braquent une station-service avec des revolvers en leur possession. Achètent des armes automatiques. Apprennent à s'en servir. Accentuent la cadence. Braquent une épicerie. Achètent du matériel plus sophistiqué. Évoluent techniquement. Se font une banque. Agissent.
Les journaux en parlent.
Le groupuscule signe du nom d' Unité Combattante Trudaine & se revendique d'Action Directe...
La BD démarre avec un historique précis & complet d'Action Directe, des activistes qui composaient la cellule & des principaux attentats commis en France de la fin des années soixante-dix à la fin des années quatre-vingt.
Puis présente la fiction à venir : «S'ils n'étaient pas créés de toutes pièces, les personnages de l'Unité Combattante Trudaine auraient peut-être pu faire partie de cette famille...».
U.C.T. suit la voie d'A.D. Le choix de leur nom est un hommage à la tuerie de 1983. Le trio durcit son action au prorata de ses aînés. Aux yeux des extrémistes, la lutte armée est la seule solution pour combattre la violence de la société.
Mais la barre est placée haut. Action Directe a plusieurs fois été jusqu'à l'homicide...
Un découpage visuel & narratif intelligent, fluide.
Le scénario ne s'inspire pas à proprement parler de faits réels. La fiction s'appuie sur la réalité de façon à donner de l'authenticité à ce groupe terroriste imaginaire.
Fred